Conditions de travail

Aujourd’hui Marie-Christine, à qui le tour demain ?

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Marie-Christine est une ancienne d’IBM France. 39 ans d’ancienneté, une conscience professionnelle aussi forte que sa sensibilité pour le collectif et envers ceux qui souffrent et ont besoin d’entraide.

Dans son travail, elle met toute son énergie pour la satisfaction de ses « clients » (internes IBM, et par ricochet les vrais clients de notre entreprise). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’IBM ne lui manifeste pas en retour une quelconque reconnaissance. Titulaire d’un bac + 5, elle est toujours non cadre. Et son 365 pts actuel ne lui a été accordé qu’après 34 ans au coefficient précédent !

Son poste actuel est au « Customer Fulfillment », une entité en déshérence car victime à la fois du choix d’IBM d’éliminer les non cadres et de délocaliser hors des frontières françaises.

Marie-Christine ne reste pas sans réagir aux difficultés que vivent ses collègues (essentiellement des femmes). Son empathie et sa sensibilité aux autres font qu’elle agit

pour faire prendre conscience à son collectif de travail qu’il ne faut pas accepter la fatalité des décisions d’IBM, destructrices d’emplois et génératrices de souffrance et d’angoisse au travail. Elle parle, elle écrit, elle agit. Avec un seul objectif : faire respecter la dignité de chacun, et garder l’espoir de pouvoir à nouveau travailler sereinement chez IBM. 

 

Son action porte aussi sur la qualité du travail, un leitmotiv pour elle. Au « Cems », dernier service du Fulfillment à ne pas être encore délocalisé à Madrid, l’application informatique Chis 8.10 dysfonctionne régulièrement. Du coup, les factures d’IBM comportent des clauses commerciales fausses et des prix non justifiés. Les ingénieurs commerciaux peuvent se retrouver en grande difficultés face à leurs clients si les administratives d’IBM ne rectifient pas manuellement les erreurs informatiques. Surcharges de travail, énervement, tensions diverses sont les conséquences de l’impéritie d’IBM à donner des outils informatiques corrects.

Malgré des demandes réitérées, la hiérarchie ne bouge pas, s’abritant derrière le fait que Chis 8.10 est une application européenne. Marie-Christine décide alors d’informer la direction générale de cet état de fait déplorable, d’autant que le dernier trimestre de l’année est le plus important en termes de revenus pour IBM. Le 18 octobre, elle envoie un courrier au président d’IBM France, M. Alain Bénichou, pour lui expliciter le problème vécu par elle et ses collègues. Elle raconte ce qu’elle supporte dans son activité professionnelle, le burnout d’un de ses collègues, le CHSCT qui a du déclencher une enquête sur le « Fulfillment » après les multiples signalements de salariés en difficulté.

Une enquête est alors diligentée par l’assistant de M. Bénichou. Ce que souhaitait Marie-Christine, c’était faire changer les choses, améliorer la situation de tout le collectif de travail. Mais la réponse sera un rapport qu’elle n’a jamais demandé, et dont elle pouvait penser qu’il la ciblait au lieu de traiter le problème de fond. Retenue à MLV par l’urgence du traitement de deux contrats « Cems » clients, elle a décliné l’invitation à se rendre sur le champ à Bois-Colombes.

La réaction d’IBM a été fulgurante : appelée dans le bureau de la manageuse 2ème ligne, Marie-Christine s’est entendue signifier sa mise à pied conservatoire immédiate (pas d’entretien préalable, pas de salaire). Dans les 5mn, elle était dehors, sans pouvoir contacter qui que ce soit, sans même pouvoir prendre ses affaires … C’est le traitement réservé aux salariés dangereux pour l’entreprise (par exemple après des menaces de mort, ou en cas d’accusation d’espionnage industriel comme chez Renault). Rien de tout cela à reprocher à Marie-Christine … Juste un traitement indigne voulu par IBM, pour ajouter la terreur au mépris.

Marie-Christine est convoquée pour son licenciement le mardi 22 février (16 heures) à Bois-Colombes. La lettre d’IBM est signée de Bruno Després, le nouveau DRH, qui semble vouloir marquer son arrivée à ce poste en jouant les durs et les implacables. Mais pas au point de mener lui-même l’entretien préalable au licenciement : il annonce que c’est le manageur 3ème ligne qui recevra Marie-Christine (alors que celui-ci ignore tout de l’affaire) ou « une personne dûment habilité à représenter la direction » ! Ahurissant : c’est la première fois que le futur licencié ne sait même pas à qui il aura affaire pour tenter de défendre ses droits. Le mépris d’IBM n’a plus de limite …

Mardi 22, j’accompagnerai Marie-Christine à l’entretien préalable, comme le code du travail le permet. Tous les deux, nous mettrons IBM devant ses responsabilités et ses comportements indignes. Nous savons que son sort est déjà scellé (comme en témoigne la mise à pied conservatoire totalement injustifiée), mais il est de l’honneur des salariés de se battre jusqu’au bout.

 

Jean-Michel Daire

Délégué syndical CFDT IBM

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01 58 84 07 87

Non au licenciement de Marie-Christine

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