IWIS
IBM Workers International Solidarity
- Détails
- Créé le 23 novembre 2010
L’IWIS (IBM Workers International Solidarity) est une structure informelle d’échange d’informations et de coordination des militants syndicaux IBM dans le monde. C’est une première réponse à la globalisation d’IBM, et le moyen d’élargir la compréhension et l’action syndicaleenvers les politiques de personnel de Big Blue, qui sont les mêmes à travers la planète.
L’ IWIS est constituée d’employés d’IBM dans le monde, appartenant tous à une organisation syndicale, militants actifs ou ex-employés IBM œuvrant à conserver ou à mettre en place une structure syndicale à l’intérieur d’IBM. Les organisations officielles travaillant à organiser les employés IBM telles que Amicus et Unites en Inde sont associées aux travaux de l’IWIS.
L'IWIS formule ainsi ses objectifs :
- soutenir les revendications et de défendre collectivement les intérêts des salariés d'IBM,
- étudier l'évolution de la stratégie d’IBM et ses impacts sur le personnel,
- échanger des informations et définir les points communs de travail,
- se réunir, si besoin, pour harmoniser la réflexion et les actions.
Par sa structure de multinationale, par sa puissance financière et par son importance dans l’économie planétaire, IBM reste l’un des fleurons du capitalisme mondial. L'ensemble du personnel d'IBM est soumis à sa logique, à ses stratégies, et aux effets de la mondialisation. Face à ce pouvoir tentaculaire, les organisations syndicales des pays membres ont rapidement pris conscience de la nécessité de se hisser à la dimension internationale pour faire face aux politiques négatives d’IBM envers ses salariés, quelque soit le continent concerné. Une conviction : “Solidarité”, un slogan : "An injury to one is an injury to all".
Historiquement, l’IWIS fut créée au début des années 80 à l’initiative de militants japonais qui, suite à un procès mené par leur syndicat contre la discrimination dont ils étaient victimes, avaient touché un « pactole » non négligeable qu’ils avaient décidé d’utiliser pour favoriser le syndicalisme mondial au sein d’IBM. Une première réunion eut lieu à Tokyo en 1984, suivi par Athènes en 1985, la Nouvelle Orléans en 1987, Paris en 1989, Rome en 1991, Sindelfingen (Allemagne) en 1992 et à nouveau Paris en 2007.
Depuis longtemps, la CFDT IBM développait les échanges bilatéraux avec les principaux pays européens (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Belgique). La création de l’IWIS l’a aidé dans ses choix de solidarité internationale, avec l’arrivée de la Suède, la Grèce, les Pays-Bas, le Japon, la Corée, et les Etats-Unis (en fait des militants isolés mais très actifs, et la National Black Workers Alliance).
Pendant vingt ans, la coordination pour l’échange d’informations et la réflexion sur les stratégies d’IBM fut assurée par la CFDT (Christiane Tichit). Un premier site web était lancé, également tenu par la CFDT.
Dans les années 90, la création de l’EWC (comité d’entreprise européen) avait un peu relégué l’IWIS au second plan, mais la nécessité de contacts mondiaux non contrôlés par IBM s’est vite à nouveau fait sentir, surtout avec l’Amérique et l’Asie émergente, conséquence des enjeux croissants de la mondialisation.
En 2005, lors de l’annonce par IBM Corp de 13 000 suppressions d’emplois dans le monde (dont près de 800 en France), la CFDT s’est servie du réseau IWIS pour élargir le mouvement de grève fixé le 23 mai, laquelle date est devenue une journée internationale de protestation au sein d’IBM avec des actions notamment au Japon et aux US.
Déjà en 2002, le scandale public des quotas de notation « 4 » (préalable au licenciement individuel pour pseudo insuffisance professionnelle) avait rejailli dans plusieurs pays européens, essentiellement par l’intermédiaire de l’IWIS.
En l’attente de la prochaine réunion internationale IWIS, la coordination est assurée par Lee Conrad (USA), qui s’appuie sur le site du syndicat « Alliance » (www.endicottalliance.org). Ces dernières années, l’IWIS a participé à la solidarité envers les salariés et organisations syndicales discriminés par IBM, notamment en Argentine, en Turquie, en Bulgarie, partout où les salariés s’organisent pour lutter contre la mondialisation à la sauce IBM et les pertes d’emplois qui vont avec.



