Comprendre la mondialisation…

Un article de fond sur la mondialisation…

Au début des années 2000, IBM a commencé à vanter la globalisation pour « faire de l’argent », forçant les employés à appliquer la politique de la « Global Integrated Entreprise » et à convertir les clients au nouveau système de la délocalisation offshore massive. Ceux qui en pointaient les dangers, comme la CFDT IBM, étaient traités de retardés ne comprenant rien à l’économie.

Désormais le désastre de la mondialisation apparaît à tous, même les analystes néolibéraux anglo-saxons constatent le chômage, la dette, la misère croissante des peuples et des économies occidentales.

Le processus de mondialisation est pourtant simple à comprendre (ce qui rend peu excusable l’ignorance de nombreux politiciens).Supposons qu’une entreprise (française, américaine ou anglaise, etc.) que nous appellerons « Abîme » fabrique un produit ou un service pour un coût de 350 €, le vende 400 € pour une marge de 50 €. Grâce à la mondialisation, l’entreprise peut faire fabriquer le produit ou service dans un pays à bas coût pour 50 €. La rentabilité est énorme (marge 350€ au lieu de 50€). Tant pis, si cela cause des transferts massifs d’emplois qualifiés de France vers les pays à bas coût. Mais l’entreprise ne se sent pas responsable de cette « externalité ».Les concurrents d’Abîme s’y mettent petit à petit et donc les profits exceptionnels diminuent. Abîme doit donc délocaliser toujours plus pour maintenir les profits inouïs.

Mais petit à petit les concurrents des pays à bas coût montent en savoir-faire et raflent de plus en plus d’activités sous-traitées, puis reprennent directement les marchés, ce qui aggrave encore plus les pertes d’emploi dans le pays ciblé. Si les salariés des pays à bas coût obtiennent quelques augmentations, elles restent limitées. Tant mieux pour eux, conviendrons-nous. Mais la mondialisation n’est pas conçue pour améliorer leur sort, car la majeure partie des profits sont en fait capturés par quelques hyper-riches.

Finalement, ceux qui perdent sont les salariés et les gouvernements nationaux (qui perdent d’importantes rentrées fiscales). Le patrimoine mondial se concentre aux mains d’une petite élite fortunée : les 1% les plus riches détiennent désormais 50% des richesses (source Oxfam), alors que les moins fortunés tombent dans la misère.Cette situation nourrit les crises, au seul bénéfice de quelques-unsqui s’enrichissent sans aucun égard pour la survie des sociétés quiles ont nourris, éduqués.Ibmers au bord de l’Abîme, c’est pour cela qu’on vous licencie ! Les retours de bâton vont être douloureux.

Voulant préserver le niveau de vie, les gouvernements etles citoyens s’endettent de plus en plus, vivant au-dessus de leurs moyens ce qui nécessite de baisser de plus en plus les avantages sociaux (d’où la réduction de Sécurité Sociale, la fermeture de services publics, la loi El Khomry etc.).Les politiciens traditionnels ignorent l’appauvrissement de la classe moyenne et cela nourrit les politiciens dits ‘populistes’et le développement du protectionnisme (par ex. Donald Trump aux USA,pays où il y a 80 % de précaires et 50 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté).

« We are going to get Apple to build their computers and things in this country instead of in other countries », Donald Trump, Republican Presidential Candidate, 2016, USA « Ordinary working class family life is much harder than many people in Westminster realize », Theresa May, British Prime Minister, 2016, UK.

Quelques remarques complémentaires :

Une source de krach : Les énormes profits sont placés dans des banques qui doivent chercher à les prêter. Les banques sont tentées alors de prêter en prenant de plus en de risques, ce qui est source de krach.

Une source de chômage massif et durable : la fameuse formule de la « destruction créatrice » (la rengaine de A. Bénichou ex-Président d’IBM France citant Schumpeter notamment), (selon laquelle les emplois détruits, ce ne serait pas grave, car il y aura des créations). Cela ne s’applique plus ou très peu, car les fameuses créations d’emploi sont hors du territoire national où les salariés licenciés cherchent du travail.

Un appauvrissement qui conduit à la dette : On constate que les salariés et les gouvernements occidentaux, très appauvris par la globalisation se sont mis à vivre à crédit, d’où le problème de la dette qui est devenu phénoménal depuis le début de la mondialisation.

L’exemple du XIXème siècle : à noter que la période actuelle n’est pas la première période de mondialisation. Il y a eu à la fin du XIXème siècles une période de mondialisation qui ressemble à la période actuelle, avec baisse des barrières douanières, puis remontée des barrières douanières, mouvements massifs de population (colonisation…) la séquence se terminant par une guerre mondiale.

Tous les pays dits « développés » sont touchés, avec des variantes locales. Y compris les allemands même s’ils ont encore un excédent budgétaire grâce à leur positionnement économique, mais à l’inverse la société allemande est troublée par le recours massif à l’immigration économique décidée par Angela Merkel face à la baisse démographique (et la crise en Syrie).

  1. Sources : le courtier anglais tullett prebon (strategy insight – perfect storm – energy, finance and the end of growth), l’analyste australien Macquarie (what caught my eye – Lumpenproletariat & deglobalization), ainsi que l’OMC, le FMI, Mc Kinsey.
  2. Externalité : un coût global généré par l’entreprise, mais qui n’est pas payée par elle. Par exemple : pollution etc.
  3. Les salaires des pays à bas coût restent limités car ils ont peu de protection sociale et à cause de la menace de la délocalisation vers des pays encore moins développés.
  4. L’appauvrissement des salariés conduit au développement d’une frange de marginaux vivant de petits jobs légaux ou illégaux (‘gig’ en anglais) appelée par les économistes ‘Lumpenproletariat’ comme au XIXème siècle.
2016-10-13T21:27:10+00:0012 Sep. 2016|Categories: National|Tags: |
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