La CFDT IBM France souhaite exprimer son mécontentement et ses réserves sur les résultats, après la mise en œuvre de l’index de l’égalité chez IBM.

Issu d’une loi présentée comme enfin contraignante pouvant aller jusqu’à des sanctions financières dans certains cas, l’index doit permettre de faire le tri dans les entreprises que ne sont pas actives sur le plan de la réduction des écarts de traitement entre les femmes et les hommes.
Mais quelle déception et quel désappointement après l’application de la méthode proposée par le gouvernement et de ses résultats au sein d’IBM.

– En ce qui concerne le référentiel sur l’égalité salariale : La Direction n’a pas tenu compte de l’avis défavorable émis par l’ensemble des organisations syndicales et par les élus du CSEC unanimes.
Elle a préféré utiliser un référentiel qui lui a sans nul doute permis de faire passer en dessous du radar bon nombre de situation d’inégalité salariale pourtant encore bien réelle dans l’entreprise.
A ce titre, utiliser un référentiel unique et universel comme les classifications de branche était pour les élus et les OS un moyen équitable et juste de comparaison et aurait permis de faire une comparaison plus large au sein de la métallurgie. Au lieu de cela, IBM a préféré choisir deux référentiels, un pour les non-cadres et un autre pour les cadres.

– En ce qui concerne la méthode de calcul : celle utilisée sur les moyennes et la moyenne pondérée permet de dégager des tendances mais occultes complètement les situations particulières mais belle et bien visible chiffres à l’appui.
Dans le cas d’IBM France, en prenant exactement le même référentiel (nombre de femmes et d’hommes et leurs salaires) la différence de rémunération globale est de 10,3% en défaveur des femmes, et cela en se basant sur les chiffres fournis par l’entreprise.
Mais Ô miracle, IBM obtient le magnifique score de 39 sur 40 sur les écarts de rémunérations en passant par la “moulinette” donnée par le gouvernement , avec une moyenne pondérée d’écart de 0,65% !

– En ce qui concerne les augmentations : L’index n’a qu’une approche quantitative sans aucune notion qualitative. Dans l’absolu, on peut donner 1 euros d’augmentation à 100 femmes et 1000 euros au même nombre d’hommes et on obtient la note maximale ! cet absence de comparaison des niveaux d’augmentation est préjudiciable à la réduction des écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes.

– L’analyse est la même concernant l’augmentation salariale des femmes au retour de congés maternité.
Fort heureusement, la CFDT IBM a contribué à négocier , dans un accord égalité professionnelle, que les femmes aient, a minima, la moyenne des augmentations.

– Et pour finir, la CFDT IBM condamne la possibilité offerte aux entreprises d’utiliser un référentiel différent selon les différents critères exigés.
Pour les calculs des écarts de promotions et des écarts d’augmentation, le référentiel gouvernemental masque les “plafond de verre ».
Chez IBM France, un référentiel basé sur le classement de branche (UIMM) a démontré de manière flagrante le plafond de verre auquel sont confrontées les femmes cadres de l’entreprise. En effet, de l’indice 100 à l’indice 140, les promotions d’indices sont “obligatoires” car contraintes dans le temps. Par contre le passage à l’indice 160 est au libre choix de l’entreprise, bloquant ainsi de nombreuses femmes au coefficient 140. On voit ainsi apparaître sur le coefficient 160 un écart jusqu’à 16,8% en faveur des hommes.

La CFDT IBM ne peut se satisfaire de mesure cosmétiques ou d’affichage de pseudo bon résultats.
Il reste encore à faire chez IBM quand bien même la note de l’index de l’égalité serait de 100%. C’est bien là le regret de la CFDT IBM, l’index tel que construit masque des situations bien réelles d’inégalité.

La Cfdt demande à la direction d’IBM France :
– d’amplifier et prolonger l’effort salarial consenti en ce début d’année 2019, pour ne pas en faire une exception mais la règle,
– de faire preuve de plus de transparence dans la mise à disposition des élus et des organisations syndicales des données d’analyse,
– et surtout de ne pas se satisfaire de ce score de 89/100 sur cet index afin de corriger l’intégralité des différences de salaires et de promotion des femmes.

Signataire de l’accord égalité professionnelle femme/homme à IBM, la Cfdt répond favorablement à l’appel de partenariat de notre PDG lors du dernier CSEC et est prête à travailler conjointement pour faire avancer l’égalité professionnelle au sein d’IBM France SAS.