L’annonce du 13 mars 2024 en France :
IBM France vient d’annoncer au comité social et économique central un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), sur la base du volontariat, entraînant la disparition de plus de 200 emplois.
Le projet touche la majorité des pays européens. Pour la France, plus de la moitié des suppressions de postes concerne les fonctions de support.
L’entreprise accélère sa transformation, explique qu’elle s’attend à des gains de productivité ; qu’elle compte utiliser ces gains en réduisant très fortement les fonctions support . Ces optimisations seraient permise par l’IA, l’automatisation, ainsi que le recours accru à des centres de services partagés délocalisés dans certains pays étrangers.
IBM procède également à des réductions d’effectifs dans les activités commerciales, celles de maintenance matérielle et logicielle, et les laboratoires de recherche.
Le détail de ces suppressions de postes est sur notre site intranet IBM ici : https://w3.ibm.com/w3publisher/cfdt-ibm/pdv-2024
LE POINT DE VUE DE LA CFDT
IBM recourt de nouveau à un plan social pour réaliser ses alignements stratégiques et sa transformation, et rester dans la course face aux nouveaux défis de l’informatique à l’ère du Cloud et de l’Intelligence artificielle.
En 2021, la compagnie IBM s’était déjà séparée de ses activités d’infogérance (lors de la scission d’entreprise qui a donné naissance à Kyndryl), et de 25% de son personnel. En 2024, IBM France continue la politique de “décroissance profitable”, qui risque de ne pas être soutenable sur la durée.
IBM France SAS est bénéficiaire (191 millions d’€ en 2023), dispose d’une énorme réserve de trésorerie et perçoit le crédit impôt recherche (CIR) en France, ce qui minore ses impôts.
IBM a recours à des mesures de fin de carrière pour gérer sa pyramide des âges. Il s’agit d’une politique sociale paradoxale alors que le gouvernement a décalé l’âge légal de départ à la retraite.
La CFDT IBM France constate que les employés, ingénieurs / cadres déplorent depuis plusieurs années :
- le manque de reconnaissance financière de leur travail et de leurs efforts.
- des surcharges de travail entraînant parfois des épuisements professionnels appelés “burn-out”.
- la lourdeur des processus internes.
À l’approche de la soixantaine, bon nombre de salariés sont déjà usés psychologiquement par le travail et attendent un plan de départ. Un cercle vicieux s’est installé, où d’un côté, IBM met la pression et de l’autre, beaucoup de salariés attendent un plan de départ. Ils imaginent mal dans ces conditions pouvoir patienter jusqu’à un âge de départ à la retraite repoussé pour tous en France.
La CFDT s’inquiète aussi pour les salariés qui resteront dans l’entreprise et qui pourraient subir une charge de travail accrue, les automatisations attendues et le rôle de l’intelligence artificielle n’étant pas encore pleinement déployés.
QUELQUES INFORMATIONS DE CONTEXTE
Effectifs
- IBM en Europe : environ 40 000 salariés.
- IBM en France (IBM France SAS et différentes filiales) : env. 4 000 salariés actifs.
- IBM France SAS : environ 3 600 salariés actifs
NB : Autres sociétés IBM en France :
- IBM Service Center : Lille (développeurs) : environ 600 personnes
- IFF (financement – crédit bail) : environ 30 personnes
Situation économique et financière d’IBM France SAS
- Chiffre d’affaires : 1,85 milliards d’euros en 2023
- Résultat net après impôt : 191 millions d’euros en 2023
- Trésorerie largement excédentaire en France et placée dans des pays fiscalement généreux.
Politique sociale d’IBM France SAS
- Pas de plan d’intéressement des salariés
- Pas de participation des salariés aux fruits de l’expansion depuis des années (à cause notamment de la politique d’optimisation fiscale et des provisions passées lors des PSE précédents)
- Augmentation individuelle en 2023 = environ 3,7 % de la masse salariale (10% en dessous du marché)
- Toujours pas d’augmentation générale qui couvrirait les effets de la forte inflation ce qui signifie une perte nette de pouvoir d’achat pour les salariés.
Activités du groupe IBM
Le positionnement stratégique d’IBM est de développer le cloud hybride et l’intelligence artificielle (Watson) en s’appuyant sur deux divisions : Technology et Consulting.
En 2019, IBM a racheté Red HAT pour 34 milliards de dollars afin de se positionner sur le “cloud hybride” et continue à racheter des entreprises pour faire évoluer son portefeuille d’activités. Les deux divisions d’IBM sont :
- Technology (Infrastructure informatique et Logicels) : Serveurs et Stockage (Hardware: Mainframe Z ; Power ; Ordinateur quantique), Software (dont les Cloud Paks)
- IBM Consulting : Conseil et Ingénierie