L’heure est au bilan pour l’année 2025, et le constat est sans appel : la stratégie financière d’IBM France est une insulte au travail des salariés.
Alors que nous attendons avec impatience les chiffres de la participation, la direction nous présente un bénéfice net de 4,3 millions d’euros. Un chiffre dérisoire comparé aux 87,4 millions de l’année précédente. Pour la grande majorité d’entre nous, cela signifie une chute brutale et injuste du partage des bénéfices.
Mais ne vous laissez pas berner : ce profit « faible » est organisé.
En analysant les comptes, on découvre qu’IBM France fonctionne comme une véritable « pompe à cash » pour le groupe mondial. Pendant que le profit collectif s’effondre pour limiter notre participation, la richesse est aspirée vers l’étranger via trois canaux cyniques :
- Le hold-up des dividendes vers les Pays-Bas : IBM France a versé 352 millions d’euros à son actionnaire unique aux Pays-Bas en puisant dans les réserves de l’entreprise.
- L’optimisation fiscale vers l’Irlande : Une part importante de la valeur créée par nos ventes de logiciels est captée par le hub irlandais d’IBM, réduisant ainsi artificiellement le bénéfice imposable et distribuable en France.
- La banque gratuite vers les USA / Groupe : C’est le chiffre le plus aberrant : IBM France a « prêté » près d’un milliard d’euros (991 M€) au reste du groupe via des conventions de trésorerie.
Et pendant ce temps, la rémunération reste « à deux vitesses » :
Alors que le profit pour tous s’effondre (0,4% d’augmentation moyenne individuelle), le budget alloué aux actions gratuites et RSU (destinées à une minorité de cadres) a bondi de près de 40 %, passant de 14,4 M€ à 20,1 millions d’euros.
Le calcul est simple :
- Pour nous, salariés lambdas : Les profits sont faibles, donc la participation baisse et les augmentations sont ridicules.
- Pour l’actionnaire et les privilégiés : On vide les réserves, on optimise la fiscalité en Irlande et on augmente les primes en actions pour le sommet de la pyramide.
C’est un transfert de richesse massif. Ce sont nos compétences, notre engagement quotidien, qui créent cette valeur. Il est inadmissible que la richesse produite en France soit aspirée vers des paradis fiscaux ou des comptes internes au groupe.
La CFDT ne restera pas silencieuse. Nous dénonçons ce système de pillage des réserves locales et nous exigeons un partage juste et transparent de la valeur.
Le partage de la valeur n’est pas une option, c’est un droit !