La CFDT rappelle que la QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) n’est pas un exercice de communication, mais un enjeu central de santé au travail, de charge de travail, de risques psychosociaux et d’équilibre vie professionnelle / vie personnelle.
En 2024, une négociation QVCT a été engagée et n’a pas abouti. Aujourd’hui, la direction revient avec une charte qui se présente elle-même comme un simple document d’orientation, qui formalise des pratiques déjà existantes et qui reste subordonné aux accords collectifs en vigueur. Autrement dit, elle n’apporte pas de droits nouveaux aux salariés et ne crée pas d’obligations supplémentaires pour l’employeur.
Pour la CFDT, c’est clairement insuffisant. Les salariés attendent des réponses concrètes sur la surcharge de travail, la pression managériale, les réunions tardives, le travail le soir ou le week‑end, l’isolement et la dégradation des collectifs. La charte aligne des « nous favorisons », « nous encourageons », « nous sensibilisons », mais sans objectifs mesurables, sans indicateurs, sans mécanismes de contrôle ni mesures correctives.
La CFDT aurait préféré une véritable négociation débouchant sur un accord QVCT opposable, intégrant des mesures fortes : régulation réelle de la charge de travail, renforcement du service de santé au travail, prévention de la désinsertion professionnelle, groupes de travail QVCT tripartites, engagements concrets sur l’intégration et la formation, et non une charte unilatérale qui se contente de recycler l’existant.
La QVCT relève de la prévention primaire des risques professionnels : elle doit agir sur l’organisation du travail, la charge, le management, les transformations, en amont des difficultés, et s’articuler avec le DUERP, le PAPRIPACT et les travaux des CSSCT. Or la charte ne contient ni diagnostic, ni engagement précis sur la prévention primaire, ni dispositif structuré pour traiter les causes des risques ; elle se limite à décrire des dispositifs existants et à promouvoir des bonnes pratiques. En l’état, la CFDT considère que cette charte ne répond pas aux enjeux de conditions de travail chez IBM France et réaffirme sa préférence pour un accord négocié, engageant et opposable, plutôt qu’un texte déclaratif sans portée contraignante.