IBM subit une forte correction boursière, avec une chute de près de 25 % de son action, à la suite d’un avertissement sur résultats (profit warning) et d’une dégradation de recommandation par HSBC.

Pour le deuxième trimestre, IBM prévoit désormais un bénéfice par action (hors éléments exceptionnels) de 2,93 USD et un chiffre d’affaires de 17,2 milliards de dollars, des niveaux inférieurs aux attentes du marché. La direction explique cette contre-performance par une réorientation imprévue des dépenses de ses clients vers les infrastructures matérielles (serveurs, stockage, mémoire), afin d’anticiper des hausses de prix et de sécuriser leurs approvisionnements. Les préoccupations liées à la cybersécurité ont également conduit certains clients à reporter des investissements.

Le directeur général, Arvind Krishna, reconnaît par ailleurs que les équipes commerciales d’IBM n’ont pas réagi assez rapidement à ces évolutions du marché et n’ont pas su concrétiser certains contrats majeurs avant la clôture du trimestre.

Cette annonce a été aggravée par la décision de HSBC d’abaisser sa recommandation sur le titre de « conserver » à « réduire », tout en réduisant son objectif de cours. La banque souligne notamment les performances jugées insuffisantes d’IBM dans l’informatique quantique face à certains concurrents, comme IonQ, ainsi qu’une croissance qu’elle estime moins durable que celle de SAP. HSBC considère également que la valorisation boursière d’IBM reste élevée au regard de ses perspectives de croissance.

La CFDT considére que les difficultés rencontrées ne sont pas uniquement liées aux conditions de marché ou à l’agilité commerciale des équipes. Une autre politique, davantage orientée vers l’investissement dans les effectifs, le développement des compétences, la formation et le renforcement des moyens opérationnels, aurait pu permettre d’améliorer durablement les indicateurs de performance de l’entreprise. Ils pourraient ainsi estimer qu’une stratégie moins centrée sur la réduction continue des coûts et davantage axée sur l’investissement humain aurait favorisé la croissance, la capacité d’innovation et la satisfaction des clients à moyen et long terme.